La Chaux Berthod

La Chaux Berthod

France/Haut-Jura/Lamoura/Ski de randonnée nordique ou SRN

Une sortie idéale pour jouer, trouver des pentes sympathiques pour oser ses premiers virages, naviguer au fil d’une combe habitée typiquement nordique et jurassienne sur la route qui relie Longchaumois à Lamoura.

Un paysage très nordique et jurassien taillé pour le ski de randonnée nordique ou SRN.

Ce mardi 16 février 2021, le redoux arrive, la température et le vent du Sud réchauffe la neige et l’atmosphère. 3 jours auparavant le thermomètre annonçait -15°, aujourd’hui, il fait fait +7° et le manteau neigeux devient printanier.

Depuis Longchaumois, direction le Poteau, puis Haut-Crêt, Lamoura. Après des virages sur la route toujours enneigée nous nous garons sur la droite à la sortie de la forêt, non loin du chalet Double (waypoint parking).

Nous chaussons les skis et filons dans la combe vers le Sud-Ouest en longeant la lisière de la forêt sur notre droite.
Après être passés sous le point coté 1183 m., nous descendons au Sud-Est et remontons vers une superbe maison rénovée par l’architecte Olivier Juredieu qui domine les lieux depuis le point coté 1161 m.

À l’Ouest, la jolie pente au-dessus du point 1157 m. nous attire mais nous devons rentrer et nous filons vers le Coulou puis nous rejoignons la voiture par la combe empruntée à l’aller.

Annie approche du Coulou

Ce secteur est idéal pour s’amuser à remonter et descendre des pentes douces pour oser ses premiers virages.

Un creux et une bosse à négocier!

Si vous en avez le temps, traversez la route, rejoignez le Chalet Double, filez vers la source de l’Embouteilla avant de rejoindre le Replat puis la route de la Sambine au point coté 1262 m. puis laissez-vous glissez en sens inverse jusqu’au parking.

Retour vers la combe du départ en direction du parking


Ne filez pas vers l’Est car vous risqueriez de vous retrouvez dans l’APPB du Bois de Ban-Arobiers, interdite aux skieurs.

Le ski de randonnée nordique ou SRN, ça donne le sourire!
Le circuit raquette de la Chaux Berthod
APPB du bois de Ban-Arobiers et du Massacre

Nouvelle fixation Rottefella XPlore pour le SRN

Rottefella et Alfa lancent une nouvelle norme pour le fjellski ou ski de randonnée nordique.Le but de la nouvelle fixation XPlore est de rendre la fixation plus performante et stable pour le ski de randonnée nordique… Cette norme est clairement inspirée par les fixations à inserts utilisées en randonnée alpine.

La marque Alfa proposera une chaussure adaptée à cette nouvelle norme.

Les deux fabricants norvégiens ont reçu pour ces produits le prix Scandinavian Outdoor Award.

Une fixation pèse 265 g soit 530 g la paire.

Ces équipements devraient être disponibles sur le marché à partir d’octobre 2021 aux prix indicatifs suivants :
– 599 € pour la chaussure
– 225 € pour la fixation

Sinon, voici les avantages de cette nouvelle norme tels que le fabricant Rottefella les met en avant.

La flexion naturelle de la semelle pour la marche est une garantie de bons appuis en descente en technique telemark, contrairement à la trop rigide et calamiteuse semelle NNNBC.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article du magazine norvégien UTE : https://www.utemagasinet.no/…/rottefella-og-alfa-lager…
ou aller sur la page du Scandinavian Outdoor Award : https://scandinavianoutdooraward.com/alfa-sko-rottefella-rottefella-xplore-alfa-free-a-p-s-gtx/

Et pour être complet, l’article précis et détaillé du magasin Aventure Nordique, dans un style enthousiaste et très vendeur : https://www.blog.aventurenordique.com/rottefella-xplore-system-la-nouvelle-norme-en-rando-nordique/

Vivement un test durable de cette nouvelle norme sur le terrain.

Bien skier en SRN -Partie 1, stem, stem-telemark, telemark et dérapage.

Voici une excellente vidéo en langue norvégienne très pédagogique et facile à comprendre par un skieur ne connaissant pas cette langue. Pål-Trygve Gamme nous montre comment exécuter de solides virages avec des skis de SRN longs et étroits comme les Fjellskis et des chaussures bien souples.

Il commence par un bon vieux stem ultra-efficace et souvent imbattable avec un bon sac sur le dos jusqu’à 3 minutes 40), continue avec le stem-telemark, le telemark puis le dérapage y compris en arrière (7 mn 15s).
Le dérapage est une arme très utile dans les passages délicats.

Pål-Trygve Gamme donne aussi dans cette vidéo de bons et justes conseils sur le réglage des bâtons avant la descente et la manière de bien régler son sac à dos.

L’appel de la forêt et le ski sauvage

A l’heure où les couloirs hier délaissés deviennent des champs de bosses, où des hordes de citadins cherchent l’évasion en montagne… j’ai un peu tendance à fuir les pentes que je chérissais. Je préfère souvent un coin de bois tranquille et oublié à une vaste combe dessinée pour le ski. Ah l’appel de la forêt… sans doute est-ce une réminiscence de mon enfance, quand je dévorai les livres de Curwood, de Jack London ou encore de Jean-Louis Foncine.

Faire sa trace est devenu un luxe rare… et pourtant… Cette trace qui me relie de manière quasi-tellurique avec le terrain et que j’ai choisi le telemark uniquement pour me jeter dans les bras de la neige nourricière.

Ce que j’aime, c’est le calme, l’impression d’être loin du monde et jouir du luxe de la trace que l’on dessine, de la joie de l’itinéraire que l’on défriche.
J’aime ressentir le souffle de l’aventure qui nous guette (souvent au coin de la rue).

Comme le rebelle d’Ernst Jünger, j’aime avoir recours aux forêts pour me libérer de « l’oppression » de notre époque, respirer dans le calme de l’hiver quand la neige absorbe les sons et allonge les distances.
Heureusement, je suis bien différent du « Waldgänger », ce proscrit islandais du Haut-Moyen-Age qui pouvait être abattu par tout homme qui le croisait et qui de ce fait, se cachait au plus profond des bois.

L’être humain est pétri de paradoxes. J’adore l’isolement, mais surtout partager cet isolement, ces « bon coins » (un peu comme les camps secrets de mon enfance dont je filais les plans à mes copains de jeux…).
Si pour moi, une randonnée réussie est celle où l’on fait sa trace tout en la partageant avec quelques amis, j’ai toujours écrit pour décrire de belles escapades.
Au diable la technique, la maîtrise, la virtuosité, ou jouer à l’équilibriste dans de fortes pentes… aujourd’hui on achève bien les difficultés. Le matériel et l’entraînement repoussent sans cesse les limites et rendent le jeu toujours plus risqué.

Mon jeu est ailleurs, même si je ne renie nullement mon amour des belles pentes, mon amitié et ma grande sympathie pour ceux qui ont le courage de les parcourir.
Je préfère l’isolement du bivouac dans les bois, me jouer des troncs en skiant quitte à devoir parfois foncer dans les « vernes » ou les « arcosses », ces maudits taillis qui poussent comme du chiendent dans nos bois préalpins.

Il ne me reste peut-être plus qu’à trouver un refuge au milieu des bois et des alpages, y fumer mes jambons et saucissons en été et venir les dévorer en hiver au coin du feu en racontant des histoires à mes enfants… mais j’ai encore quelques belles courbes à tailler dans la poudreuse, qui dans les bois reste légère plus longtemps.

Je comprends mieux maintenant ceux qui sont partis chercher l’isolement dans des contrées plus lointaines. L’eldorado du randonneur est peut-être quelque part dans les montagnes bulgares, polonaises… qui ne sont pas si éloignées.

Dieu que je suis heureux quand j’arrive encore à trouver le calme et le savoureux goût de l’aventure non-loin de ma porte.

Et cette aventure juste derrière la maison, je crois bien l’avoir retrouvée. Installé depuis plusieurs années dans le Jura, j’y ai découvert quelques combes secrètes et forêts sauvages, mais aussi des conditions météorologiques dignes du Grand Nord quand la bise souffle.

Un chalet perdu au milieu des bois.

J’ai adapté mon matériel au terrain parcouru. Je suis passé au ski de randonnée nordique, des skis avec des écailles pour la retenue, des fixations de telemark qui permettent de garder le talon libre et des chaussures de telemark basses et souples pour marcher, mais suffisamment rigides pour descendre; bref, ce que nos amis américains appellent le XCD (Cross Country Downhill).

Le plus sympathique est que l’on trouve une multitude de cabanes savoureuses au fond des bois. Juste un toit, quelques rondins, un poêle à bois et parfois une table. L’idéal pour imaginer des sorties au long cours, souvent transfrontalières – nous partageons ces montagnes avec nos amis suisses – sac au dos ou pulka au brancard.

Il faudra parfois éviter de déranger quelques habitants des lieux, comme le tétra, en restant dans les combes et clairières et en ne pénétrant pas au plus profond des forêts.

Glisser silencieusement sans déranger le souffle du vent ni faire fuir de discrets voisins est un réel plaisir. Ici quiétude rime avec plénitude !

Peut-être ai-je trouvé là mon ski sauvage.