Les skis de fond de randonnée ou fjellskis

Madshus MGV55

Dans la grande famille des skis utilisés en SRN, les skis de fond de randonnée sont les plus fins, les plus longs, les plus « traditionnels » et surtout les plus nordiques dans leur conception.

Le double cambre favorise la marche et handicape en descente.

Les skis de fond de randonnée sont caractérisés par la présence d’un double-cambre nordique sous le pied qui favorise la marche et la vitesse de déplacement en pas alternatif, leur finesse leur permet de filer pour avaler des kilomètres et de pouvoir rentrer dans les rails d’une piste de ski de fond damée si nécessaire.

Nos amis norvégiens les utilisent encore beaucoup sur leurs plateaux d’altitude et appellent ces skis « fjellskis ».

La présence de carres sur toute la longueur du ski, une répartition du flex conçue pour s’évader hors des pistes leur ouvrent les portes des grands itinéraires sauvages.
Ils sont redoutablement efficaces sur des zones plates et faiblement vallonnées ainsi que sur des neiges dures ou dans de courtes montées où leur rebond et leur agilité apportent une aide précieuse.
Leur étroitesse et leur faible surface portante les rends moins agiles dans des neiges profondes, lourdes ou denses.

Des skis légers, robustes, rustiques taillés pour les longues sorties ou les grandes traversées comme la Haute Route du Jura.

Par contre, ils ont les défauts de leurs qualités : leur double-cambre les rend assez délicats à manier en descente, sauf dans certaines conditions très favorables où leur très grand rayon de courbure – quasiment 60 mètres – les cantonnent plutôt aux grands espaces.
Dans des chemins délicats à négocier, il faudra souvent déchausser.
Ce ne sont vraiment pas les couteaux suisses du SRN, mais leur efficacité en propulsion et leur légèreté plaident en faveur de leur utilisation par les amateurs d’un ski traditionnel, comme dans les années soixante-dix, une sorte de voyage dans le temps à l’époque des cheveux longs et des bonnets péruviens.

Une paire de Madshus MGV 55, un exemple de skis de fond de randonnée qui expriment fort bien leurs qualités sur les terrains nordiques du secteur de Longchaumois dans le Haut-Jura.

Si j’ai eu l’occasion de pratiquer le ski de fond, à l’époque des fixations à 3 pointes, des peluches de retenue incrustée dans les semelles et des chaussures Trak en caoutchouc… j’avoue avoir toujours été attiré par les descentes au point de faire le fou dans les bois en descendant avec ces skis antédiluviens. En virage sauté, les chaussures sortaient des fixations, rien à voir avec les normes 75 ou NNNBC (New Nordic Norm BackCountry) utilisées aujourd’hui.
Une longue pratique du ski alpin avant l’ère des skis faciles à tourner, de la randonnée alpine, de la pente raide et du telemark m’aide à apprécier les performances d’un ski en descente.
Je préfère les skis modernes (plus larges et plus joueurs) en randonnée nordique, mais j’ai pris beaucoup de plaisir, ces deux derniers hivers, à jouer très souvent sur une paire de Madshus MGV55, aussi fins que des baguettes chinoises.

En bonne neige régulière, on arrive à signer de belles traces avec ces skis même si cela réclame un peu de finesse de pilotage et de métier.

Un Cross-Country-Downhill « revival ».

Dans les années 1970, des skieurs américains sont parti découvrir les espaces sauvages avec des skis nordiques aux pieds et ont remis au goût du jour de vieilles techniques comme celle du virage telemark rendues possible par le fait d’avoir le talon libéré.
Ils marchaient, montaient et descendaient aussi avec leurs skis fins et leurs chaussures basses et souples.

Skieur des années soixante-dix exécutant un virage telemark grand rayon. Photo extraite du livre de Steve Barnett « Cross Country Downhill ».

Leur quête : parcourir tous les terrains avec une seule paire de skis!

Pour s’en convaincre, voici un extrait de la préface du livre de Steve Barnett :

« Le rêve du skieur amateur de grands espaces sauvages est de parcourir un vaste terrain aussi promptement et rapidement qu’un skieur nordique tout en ayant la capacité de descendre avec autant d’aisance qu’un skieur alpin. Il souhaite remonter à ski les longues et larges vallées ouvertes par les rivières, parcourir les terrains escarpés ou d’immenses glaciers, descendre dans la profonde poudreuse des belles pentes en forêt ou skier sur d’interminables routes avant d’accéder à de vastes combes. »

Et pour Barnett, la solution était sans aucune hésitation d’utiliser ces skis nordiques avec des carres sur tous les terrains y compris les plus alpins.

50 ans plus tard, en 2020, la technique « hippie » de Steve Barnett reste d’actualité avec ces skis de fond de randonnée qui refusent de se laisser conduire comme nos outils modernes… mais malgré tout, au milieu de la poudreuse et des gentianes jurassiennes cela fonctionne.

Quand Steve Barnett explique comment descendre avec des skis de fond de randonnée

Cinq décennies après la parution de son ouvrage très lu outre-atlantique, Steve Barnett surnommé « The telemark prophet », continue de privilégier l’aspect randonnée au long cours et le même matériel fin et léger. Il prône l’acquisition d’une bonne technique plutôt que l’achat d’un matériel qui fait le travail à la place du skieur.

En grand défenseur des skis de fond de randonnée, il a posté sur le site français skirandonneenordique.com le commentaire suivant pour partager son avis sur les Madshus Glittertind MGV (skis de fond de randonnée très populaires dans les pays nordiques) :

« Le Glitterting est un ski particulièrement à l’aise dans les conditions de neige variées et difficiles. Évidemment, cela n’est pas dû à ses étroites mensurations, mais plutôt à sa répartition de souplesse qui lui permet de répondre aux appuis du skieur en pliant en douceur et uniformément.
Skier dans toutes les conditions de neige douce est possible avec un virage telemark initié droit dans la ligne de pente en chargeant complètement le ski avant qui est orienté dans cette même ligne de pente puis terminer le virage en sortant de la ligne de pente en position telemark.
De la croutée cassante, de la profonde, de la soupe ou de la neige dure sont toutes skiables avec cette technique de base.
Sur les neiges très dures, utilisez la technique du virage parallèle. La prise de carre est suffisante avec une bonne chaussure (comme les Salomon Xadv8) pour que vous puissiez tourner surement et facilement.
L’utilisation d’un ski légèrement plus court permet d’engager plus facilement le virage dans la ligne de pente. Pour mes 85 kilos, j’utilise des 190 cm.
L’agilité du ski compense très bien son manque de largeur et sa ligne de cotes plutôt droite. »

Suzanne Morse en telemark sur des Rossignol Randonnées à double cambre sur les pistes d’Arapaho Basin dans le Colorado en 1981 et avec des chaussures en cuir(collection Suzanne Morse).

L’avis des plus jeunes

Après les propos quasi dithyrambiques de Steve Barnett, il serait intéressant de connaître l’avis de la jeune génération sur ces vieux skis de « boomers ».

Une sorte de lutin monté sur ressorts, excellent skieur, moniteur de ski nordique, passionné de ski et d’aventure, d’histoire, de raids dans les pays nordiques, mais aussi de liberté et de franc-parler vit dans les montagnes du Haut-Doubs. Il a passé les dix derniers hivers à se battre bec et ongles pour faire découvrir et partager les joies du ski de randonnée nordique avec du matériel moderne qui n’a pas grand-chose à voir avec les antiques skis de fond de randonnée. Voici l’avis malicieux de Stéphane Sanchez alias Sancho :

« Il est vrai que Steve Barnett fait de très belles choses avec du matos ultra-light.
Mais, si j’ai un conseil à donner à tous ceux que Steve Barnett fait rêver:
À mon avis la méthode la plus rapide pour rejoindre les prouesses de Barnett avec du matos léger consiste à commencer sur des Annum, pour venir sur des Epoch, puis des Eon, et quand on se débrouille comme un as avec des SRN fins, on peut se dire, que peut-être cela vaut le coup de tenter le coup sur des skis de fond avec des godasses basses de classique. »

En bref, skier sur ces outils très classiques est réservé à des skieurs habiles, entraînés et fins techniciens… à moins de ne jamais descendre et de rester sur le plat.

Des skis adaptés aux grands espaces… comme les vastes combes non loin des Grands Plats de Vent dans le Parc Jurassien Vaudois au-dessus de Bois-d’Amont.

Quel type de randonneur va apprécier ce type de skis ?

Pour choisir cet équipement traditionnel plutôt que des skis plus modernes, il faut avoir de bonnes raisons. En voici quelques-unes :

  • Avoir besoin d’un ski qui rentre dans les rails d’une piste de fond classique. Cela peut être le cas d’un skieur en partance pour la Haute-Route du Jura ou bien pour une traversée aseptisée et jalonnée comme la Grande Traversée du Jura en ski de randonnée nordique de Mouthe à Giron.
  • Prioriser la vitesse de déplacement sur le plat et le fait d’avaler de grandes distances, en utilisant les techniques du ski de fond classique… comme nos amis norvégiens restés fidèles à leurs fjellskis souvent sans écailles pour favoriser la glisse.
  • Être un skieur plutôt conservateur, habitué à son vieux matériel et sachant s’en servir… comme Steve Barnett.
  • Avoir envie de replonger à l’époque du telemark revival et tester les subtiles techniques de descente de l’époque, ce qui m’a motivé quand j’ai monté mes Riva 1 norme 75 sur les Madshus MGV55 pour les skier avec des Crispi Svartisen. Cette solution m’a permis de pouvoir manœuvrer ces outils d’un autre âge, de les apprécier, de m’amuser en me compliquant un peu la vie, d’apprécier leur légèreté, leur solidité et leur sévérité, car la moindre erreur est immédiatement sanctionnée par un beau planté de groin dans la neige.

Deux vidéos norvégiennes pour apprendre à manier ces skis :

Je partagerai prochainement mes impressions sur les Madshus MGV55 et le montage utilisé, mais j’ai encore besoin de finaliser quelques apprentissages techniques en descente.

Remerciements : Suzanne Morse pour la publication de sa sympathique photo d’époque, Loïc Vandel pour l’aide au montage des fixations et m’avoir vendu ces skis issus de son parc de location, Stéphane Sanchez alias Sancho pour nos échanges passionnés, Régis Cahn pour son site où s’expriment des skieurs expérimentés comme Steve Barnett et enfin Marc Battendier qui m’a inoculé le virus du telemark.

Bien skier en SRN – Partie 2 : aborder des pentes plus raides en technique telemark ou alpine

Telemark et parallèle en SRN

Dans ce deuxième épisode consacré aux techniques de descente avec du matériel de ski de randonnée nordique fin et léger (fjellski), Pål Trygve Gamme nous apprend à virer dynamiquement comme un danseur en telemark et skis parallèles.
Du grand art toujours pratiqué en Norvège qui fait revivre l’esprit de Steve Barnett et de son fameux Cross Country Downhill (ou XCD). Ou comment apprendre à descendre avec des skis nordiques.

La Chaux Berthod, des combes typiques et enneigées

La Chaux Berthod

Ski de randonnée nordique ou SRN dans le Haut-Jura, secteur de Lamoura

Une sortie idéale pour jouer, trouver des pentes sympathiques pour oser ses premiers virages, naviguer au fil d’une combe habitée typiquement nordique et jurassienne sur la route qui relie Longchaumois à Lamoura.

Un paysage très nordique et jurassien taillé pour le ski de randonnée nordique ou SRN.

Ce mardi 16 février 2021, le redoux arrive, la température et le vent du Sud réchauffe la neige et l’atmosphère. 3 jours auparavant le thermomètre annonçait -15°, aujourd’hui, il fait fait +7° et le manteau neigeux devient printanier.

Depuis Longchaumois, direction le Poteau, puis Haut-Crêt, Lamoura. Après des virages sur la route toujours enneigée nous nous garons sur la droite à la sortie de la forêt, non loin du chalet Double (waypoint parking).

Nous chaussons les skis et filons dans la combe vers le Sud-Ouest en longeant la lisière de la forêt sur notre droite.
Après être passés sous le point coté 1183 m., nous descendons au Sud-Est et remontons vers une superbe maison rénovée par l’architecte Olivier Juredieu qui domine les lieux depuis le point coté 1161 m.

À l’Ouest, la jolie pente au-dessus du point 1157 m. nous attire mais nous devons rentrer et nous filons vers le Coulou puis nous rejoignons la voiture par la combe empruntée à l’aller.

Annie approche du Coulou

Ce secteur est idéal pour s’amuser à remonter et descendre des pentes douces pour oser ses premiers virages.

Un creux et une bosse à négocier!

Si vous en avez le temps, traversez la route, rejoignez le Chalet Double, filez vers la source de l’Embouteilla avant de rejoindre le Replat puis la route de la Sambine au point coté 1262 m. puis laissez-vous glissez en sens inverse jusqu’au parking.

Retour vers la combe du départ en direction du parking


Ne filez pas vers l’Est car vous risqueriez de vous retrouvez dans l’APPB du Bois de Ban-Arobiers, interdite aux skieurs.

Le ski de randonnée nordique ou SRN, ça donne le sourire!
Le circuit raquette de la Chaux Berthod
APPB du bois de Ban-Arobiers et du Massacre

Nouvelle fixation Rottefella XPlore pour le SRN

Rottefella et Alfa lancent une nouvelle norme pour le fjellski ou ski de randonnée nordique.Le but de la nouvelle fixation XPlore est de rendre la fixation plus performante et stable pour le ski de randonnée nordique… Cette norme est clairement inspirée par les fixations à inserts utilisées en randonnée alpine.

La marque Alfa proposera une chaussure adaptée à cette nouvelle norme.

Les deux fabricants norvégiens ont reçu pour ces produits le prix Scandinavian Outdoor Award.

Une fixation pèse 265 g soit 530 g la paire.

Ces équipements devraient être disponibles sur le marché à partir d’octobre 2021 aux prix indicatifs suivants :
– 599 € pour la chaussure
– 225 € pour la fixation

Sinon, voici les avantages de cette nouvelle norme tels que le fabricant Rottefella les met en avant.

La flexion naturelle de la semelle pour la marche est une garantie de bons appuis en descente en technique telemark, contrairement à la trop rigide et calamiteuse semelle NNNBC.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’article du magazine norvégien UTE : https://www.utemagasinet.no/…/rottefella-og-alfa-lager…
ou aller sur la page du Scandinavian Outdoor Award : https://scandinavianoutdooraward.com/alfa-sko-rottefella-rottefella-xplore-alfa-free-a-p-s-gtx/

Et pour être complet, l’article précis et détaillé du magasin Aventure Nordique, dans un style enthousiaste et très vendeur : https://www.blog.aventurenordique.com/rottefella-xplore-system-la-nouvelle-norme-en-rando-nordique/

Vivement un test durable de cette nouvelle norme sur le terrain.

Bien skier en SRN -Partie 1, stem, stem-telemark, telemark et dérapage.

Voici une excellente vidéo en langue norvégienne très pédagogique et facile à comprendre par un skieur ne connaissant pas cette langue. Pål-Trygve Gamme nous montre comment exécuter de solides virages avec des skis de SRN longs et étroits comme les Fjellskis et des chaussures bien souples.

Il commence par un bon vieux stem ultra-efficace et souvent imbattable avec un bon sac sur le dos jusqu’à 3 minutes 40), continue avec le stem-telemark, le telemark puis le dérapage y compris en arrière (7 mn 15s).
Le dérapage est une arme très utile dans les passages délicats.

Pål-Trygve Gamme donne aussi dans cette vidéo de bons et justes conseils sur le réglage des bâtons avant la descente et la manière de bien régler son sac à dos.

L’appel de la forêt et le ski sauvage

A l’heure où les couloirs hier délaissés deviennent des champs de bosses, où des hordes de citadins cherchent l’évasion en montagne… j’ai un peu tendance à fuir les pentes que je chérissais. Je préfère souvent un coin de bois tranquille et oublié à une vaste combe dessinée pour le ski. Ah l’appel de la forêt… sans doute est-ce une réminiscence de mon enfance, quand je dévorai les livres de Curwood, de Jack London ou encore de Jean-Louis Foncine.

Faire sa trace est devenu un luxe rare… et pourtant… Cette trace qui me relie de manière quasi-tellurique avec le terrain et que j’ai choisi le telemark uniquement pour me jeter dans les bras de la neige nourricière.

Ce que j’aime, c’est le calme, l’impression d’être loin du monde et jouir du luxe de la trace que l’on dessine, de la joie de l’itinéraire que l’on défriche.
J’aime ressentir le souffle de l’aventure qui nous guette (souvent au coin de la rue).

Comme le rebelle d’Ernst Jünger, j’aime avoir recours aux forêts pour me libérer de « l’oppression » de notre époque, respirer dans le calme de l’hiver quand la neige absorbe les sons et allonge les distances.
Heureusement, je suis bien différent du « Waldgänger », ce proscrit islandais du Haut-Moyen-Age qui pouvait être abattu par tout homme qui le croisait et qui de ce fait, se cachait au plus profond des bois.

L’être humain est pétri de paradoxes. J’adore l’isolement, mais surtout partager cet isolement, ces « bon coins » (un peu comme les camps secrets de mon enfance dont je filais les plans à mes copains de jeux…).
Si pour moi, une randonnée réussie est celle où l’on fait sa trace tout en la partageant avec quelques amis, j’ai toujours écrit pour décrire de belles escapades.
Au diable la technique, la maîtrise, la virtuosité, ou jouer à l’équilibriste dans de fortes pentes… aujourd’hui on achève bien les difficultés. Le matériel et l’entraînement repoussent sans cesse les limites et rendent le jeu toujours plus risqué.

Mon jeu est ailleurs, même si je ne renie nullement mon amour des belles pentes, mon amitié et ma grande sympathie pour ceux qui ont le courage de les parcourir.
Je préfère l’isolement du bivouac dans les bois, me jouer des troncs en skiant quitte à devoir parfois foncer dans les « vernes » ou les « arcosses », ces maudits taillis qui poussent comme du chiendent dans nos bois préalpins.

Il ne me reste peut-être plus qu’à trouver un refuge au milieu des bois et des alpages, y fumer mes jambons et saucissons en été et venir les dévorer en hiver au coin du feu en racontant des histoires à mes enfants… mais j’ai encore quelques belles courbes à tailler dans la poudreuse, qui dans les bois reste légère plus longtemps.

Je comprends mieux maintenant ceux qui sont partis chercher l’isolement dans des contrées plus lointaines. L’eldorado du randonneur est peut-être quelque part dans les montagnes bulgares, polonaises… qui ne sont pas si éloignées.

Dieu que je suis heureux quand j’arrive encore à trouver le calme et le savoureux goût de l’aventure non-loin de ma porte.

Et cette aventure juste derrière la maison, je crois bien l’avoir retrouvée. Installé depuis plusieurs années dans le Jura, j’y ai découvert quelques combes secrètes et forêts sauvages, mais aussi des conditions météorologiques dignes du Grand Nord quand la bise souffle.

Un chalet perdu au milieu des bois.

J’ai adapté mon matériel au terrain parcouru. Je suis passé au ski de randonnée nordique, des skis avec des écailles pour la retenue, des fixations de telemark qui permettent de garder le talon libre et des chaussures de telemark basses et souples pour marcher, mais suffisamment rigides pour descendre; bref, ce que nos amis américains appellent le XCD (Cross Country Downhill).

Le plus sympathique est que l’on trouve une multitude de cabanes savoureuses au fond des bois. Juste un toit, quelques rondins, un poêle à bois et parfois une table. L’idéal pour imaginer des sorties au long cours, souvent transfrontalières – nous partageons ces montagnes avec nos amis suisses – sac au dos ou pulka au brancard.

Il faudra parfois éviter de déranger quelques habitants des lieux, comme le tétra, en restant dans les combes et clairières et en ne pénétrant pas au plus profond des forêts.

Glisser silencieusement sans déranger le souffle du vent ni faire fuir de discrets voisins est un réel plaisir. Ici quiétude rime avec plénitude !

Peut-être ai-je trouvé là mon ski sauvage.